Finistère de Anne Barest
Dans Finistère, Anne Berest poursuit son exploration des « transmissions invisibles » et de la trans-généalogie. Que nous lègue réellement notre famille, au-delà des souvenirs et des récits ?
Chaque été, la famille quitte la région parisienne pour rejoindre la terre d’origine du père : la Bretagne, où se succèdent depuis des générations les Berest. Depuis le départ en gare Montparnasse sous les fresques de Vasarely jusqu’aux paysages finistériens, le voyage offre une plongée sensible dans l’histoire familiale.
Après La Carte Postale et Gabriële, l’autrice ouvre ici un nouveau chapitre : celui de la branche bretonne. À travers la figure de l’arrière-grand-père, pionnier des coopératives agricoles, se dévoile un siècle d’histoire : la création des premiers syndicats paysans, l’Occupation vécue dans un village du Léon, la destruction de Brest, puis les bouleversements de Mai 68. Une fresque où l’intime et la grande Histoire se rejoignent constamment.
J’avais adoré La Carte Postale, récit consacré à la mère d’Anne Berest. Ici, elle se penche sur son père et sa lignée paternelle : un héritage breton riche, marqué par l’engagement, la transmission du savoir et des passions — la littérature pour le grand-père, les mathématiques pour le père, personnage aussi brillant qu’énigmatique.
À travers trois générations d’hommes, c’est toute une trajectoire familiale qui se dessine : les combats politiques, les idéaux, les silences aussi… et cette difficulté pour une fille de trouver sa place, de comprendre ce père, d’autant plus face à la maladie et aux regrets.
L’écriture est fluide, accessible, les chapitres courts, et malgré l’ampleur du roman, on y entre avec facilité. J’aime particulièrement cette façon de mêler histoire familiale et Histoire avec un grand H : une véritable saga qui emporte et émeut, riche en anecdotes et en humanité.
littérature – roman historique – roman autobiographique – saga familiale – autrice – père – Finistère – communisme – politique – Bretagne
