L’empoisonneuse de Palerme de Cathryn Kemp
Je continuerai le travail de ma mère. J’apporterai la liberté, la vengeance à toutes les femmes de notre ville. À chacune, je donnerai le poison qu’elle demandera pour mettre fin à son mariage, épouser son amant ou infliger douleur et malheur à celui qui l’aura brutalisée. Je ne fléchirai pas. Je ne tremblerai pas. C’est mon héritage, c’est le vôtre aussi.
Dans la Rome du XVIIe siècle, les hommes tombent comme des mouches sans que nul puisse l’expliquer. Caché dans les ruelles et les ténèbres de la Ville éternelle, un mystérieux cercle d’empoisonneuses œuvre derrière la façade d’une boutique d’apothicaire. Depuis son enfance à Palerme, Giulia consacre sa vie à aider les femmes brisées, brutalisées. Tantôt guérisseuse, avorteuse ou empoisonneuse. Quelques gouttes mortelles d’un poison indétectable lui ont permis de faire un millier de victimes, toutes des hommes. Mais avec un pape nouvellement élu, déterminé à chasser les hérétiques et les sorcières, jamais Giulia et les femmes qu’elle a prises sous son aile n’ont couru plus grand danger.
Récit de celle qui fut considérée comme la première tueuse en série de l’Histoire, ce roman envoûtant est une ode à la sororité, à la transgression et à la rébellion secrète.
L'histoire romancée de Giulia Tofana, une empoisonneuse italienne du XVIIè siècle ayant réellement existé. Alors que la peste et l'inquisition sont à l'œuvre dans le pays, Giulia fabrique l'aqua, un poison sans goût, ni odeur, indétectable lors d'une autopsie. Ce poison est distribué ou vendu aux femmes maltraitées par leur mari. La question du bien et du mal est présente toute au long de ce roman.
L'histoire est prenante et nous fait voyager dans l'Italie du XVII ème siècle où règnent le pape et l'inquisition. Giulia nous raconte son histoire, nous partage ses choix et ses doute faces à la mission qu'elle a endossé de libérer les femmes grâce à la recette d'un poison transmit par sa mère et héritage familiale. Même si on sait dès le début comment se termine l'histoire, on a envie d'y croire et d'approuver ses actes et ses crimes, ce qui ne laisse pas indifférent !
"La première fois que j'ai préparé l'acqua de Mamma à Naples, j'ai su que j'avais choisi une voie dangereuse et que je mettrais en péril quiconque travaillerait avec moi. Je le savais et, pourtant, j'ai fait ce choix. J'ai donné l'acqua à une femme qui, sans elle, aurait pu mourir. N'allez pas me croire altruiste ! J'avais aussi mes propres raisons. Je ne peux l'expliquer, mais le poison fait partie de moi, il est mon maître. Je le sers, je sers sa puissance, son pouvoir."
